Démographie médicale en France : la Drees anticipe un rebond du nombre de médecins

La démographie médicale française pourrait enfin tourner une page. Selon une étude publiée début octobre 2026 par la Drees, le service statistique des ministères sociaux, le nombre de médecins en activité augmenterait d’au moins 30 % à l’horizon 2040, et jusqu’à 75 % d’ici 2060. Un signal attendu après des années de tension sur l’accès aux soins, documentées notamment par la hausse historique des postes internes ouverts face aux déserts médicaux.

Le modèle ProMédI, un outil de projection plus qu’une prédiction

Ces résultats proviennent du modèle ProMédI (Projections des effectifs de Médecins, d’Internes et autres étudiants du troisième cycle), développé par la Drees pour estimer, année par année jusqu’en 2070, le nombre de médecins de moins de 70 ans en activité. Le scénario central retient un flux annuel d’environ 12 200 étudiants admis en deuxième année de médecine et l’arrivée de 2 500 praticiens formés à l’étranger chaque année.

  • Un peu plus de 30 % de médecins en plus d’ici 2040 par rapport à aujourd’hui.
  • Jusqu’à 75 % d’effectifs supplémentaires à l’horizon 2060 dans le scénario central.
  • Sans l’apport de praticiens formés à l’étranger, la hausse redescendrait à un peu plus de 50 % en 2060.

La Drees le rappelle elle-même : « ces projections ne sont pas des prédictions », mais des outils pour mesurer l’effet de différentes hypothèses de formation et d’intégration de médecins étrangers. Un rappel qui fait écho aux constats déjà dressés par une précédente étude de la Drees sur le temps de travail des médecins généralistes, qui soulignait combien l’évolution des effectifs ne suffit pas, à elle seule, à résoudre les tensions d’accès aux soins.

Pourquoi ce rebond compte pour les patients

Pour les patients, l’enjeu dépasse le seul comptage des praticiens : il s’agit de délais de rendez-vous plus courts, d’un accès facilité aux médecins généralistes comme aux spécialistes, et d’un suivi plus régulier des pathologies chroniques. En attendant que ces effectifs se concrétisent, les autorités sanitaires rappellent l’intérêt du suivi à domicile de certains indicateurs simples, à l’image de la tension artérielle, dont la mesure régulière permet de repérer tôt une anomalie sans attendre une consultation. La trajectoire démographique interagit aussi avec les choix de formation : filières d’emploi et de formation dans le secteur médical, réforme du 3e cycle, ou encore attractivité des zones rurales pour l’installation des jeunes praticiens.

Des trajectoires encore incertaines

Le scénario à 75 % suppose une poursuite durable des flux actuels d’étudiants et de praticiens étrangers ; toute modification des quotas d’entrée en études de santé, ou des règles d’exercice pour les diplômés hors Union européenne, modifierait la trajectoire. La Drees insiste également sur un point souvent oublié : une hausse des effectifs nationaux ne garantit pas une meilleure répartition géographique des médecins sur le territoire. Les prochaines publications de la rubrique Santé – Médecine et de la rubrique Santé suivront l’évolution de ces indicateurs, qui conditionnent directement l’accès aux soins dans les années à venir.

Questions fréquentes

Que signifie le modèle ProMédI de la Drees ?

C’est un outil statistique qui projette, année par année jusqu’en 2070, le nombre de médecins et d’internes en activité en France selon différentes hypothèses de formation et d’arrivée de praticiens étrangers. Il ne prédit pas l’avenir, il explore des scénarios.

Le nombre de médecins va-t-il vraiment augmenter de 75 % ?

Ce chiffre correspond au scénario central à l’horizon 2060, qui suppose le maintien des flux actuels de formation et d’intégration de médecins formés à l’étranger. Sans cet apport, la hausse serait d’un peu plus de 50 % sur la même période.

Cette hausse va-t-elle résoudre les déserts médicaux ?

Pas automatiquement : la répartition géographique des praticiens compte autant que leur nombre total. La Drees précise que ses projections mesurent des effectifs globaux, pas leur répartition territoriale.

Sources

Le Quotidien du Médecin,
Socialmag.news,
Data.Drees (ministères sociaux)

Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale

Pauline Millet
Pauline Millet
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