Longtemps délocalisée en Asie ou en Europe de l’Est, la fabrication de jeux de société revient en France. Près de Nancy, à Houdemont (Meurthe-et-Moselle), l’entreprise Game in France a mis en service la toute première usine française entièrement dédiée à la production de boîtes de jeux. Un projet à 5,5 millions d’euros, soutenu par l’État, qui ambitionne de rebattre les cartes d’une filière jusqu’ici presque totalement dépendante de l’étranger.
Une relocalisation inédite pour le secteur du jeu
Après trois ans de développement, l’unité de production de Game in France a démarré son activité fin mars, avant une montée en cadence effective le 27 avril 2026. L’objectif affiché est ambitieux : produire un million de boîtes de jeux dès la première année complète d’exploitation, avec un seuil d’acceptation des commandes fixé à 500 exemplaires, un niveau pensé pour rester accessible aux petits éditeurs indépendants.
Le site s’est équipé de deux machines de fabrication de boîtes, d’une machine de fabrication de cartes, d’une presse de découpe de carton et d’une tourneuse de piles de cartes. De quoi couvrir l’essentiel de la chaîne de production, du carton brut jusqu’à la boîte finie prête à être distribuée en magasin.
Un financement public assumé via France 2030
Sur les 5,5 millions d’euros investis, 1,4 million d’euros proviennent du plan France 2030, le programme d’investissement de l’État destiné à soutenir la réindustrialisation et les filières stratégiques. Ce soutien illustre une volonté politique plus large de rapatrier sur le territoire national des savoir-faire industriels jugés stratégiques, y compris dans des secteurs aussi spécifiques que le jeu de société.
Le projet fédère par ailleurs un consortium d’éditeurs français, dont l’éditeur lorrain Blue Orange, basé à Pont-à-Mousson. Cette mutualisation permet de partager les coûts d’un outil industriel lourd, difficilement rentable pour un éditeur isolé face aux volumes proposés par les usines asiatiques ou est-européennes.
Une dizaine d'emplois créés, dont d’anciens salariés de France Cartes
Sur le plan social, Game in France a recruté une dizaine de personnes, parmi lesquelles d’anciens employés de France Cartes, l’entreprise nancéienne dont la production avait été transférée en Espagne en 2023. L’assemblage des boîtes sera en partie assuré par des travailleurs d’un établissement et service d’aide par le travail (Esat), associant ainsi la relocalisation industrielle à une démarche d’insertion.
- Investissement total : 5,5 millions d’euros, dont 1,4 million issu de France 2030
- Objectif de production : un million de boîtes de jeux la première année
- Commandes acceptées dès 500 exemplaires, pour ouvrir l’accès aux petits éditeurs
- Environ dix recrutements, dont d’anciens salariés de France Cartes
Ce que ce projet change pour la filière
Pour les éditeurs français de jeux de société, disposer enfin d’un outil de production national réduit la dépendance aux délais et aux coûts de transport internationaux, tout en offrant davantage de flexibilité pour les petites séries et les projets financés en crowdfunding. Le pari reste toutefois économique : convaincre suffisamment d’éditeurs de renoncer à la sous-traitance asiatique, historiquement moins chère à gros volume, pour un site encore en phase de montée en puissance. Ce type d’initiative s’inscrit aussi dans une dynamique plus large de créations d’emplois industriels qualifiés en région Grand Est, portée par des choix technologiques et des équipements de fabrication spécifiquement conçus pour ce secteur de niche.
Questions fréquentes
Où se trouve la nouvelle usine de jeux de société ?
Elle est implantée à Houdemont, dans la Meurthe-et-Moselle, au sud de Nancy, sur le site de l’entreprise Game in France.
Combien de boîtes de jeux l’usine prévoit-elle de produire ?
L’objectif annoncé est d’atteindre un million de boîtes de jeux fabriquées dès la première année complète d’exploitation.
Qui finance ce projet industriel ?
L’investissement total s’élève à 5,5 millions d’euros, dont 1,4 million d’euros apporté par le plan France 2030, le reste étant porté par le consortium d’éditeurs à l’origine du projet, dont Blue Orange.
Sources
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale