Tourisme en France : pourquoi septembre devient le nouveau mois vedette des vacances

Le tourisme en France change de calendrier. Longtemps cantonné aux mois de juillet et août, l’engouement des voyageurs se décale désormais vers septembre, qui s’impose comme un nouveau mois vedette des vacances. Un basculement confirmé par plusieurs études sectorielles publiées cette rentrée, et qui redessine les pratiques des voyageurs comme celles des professionnels.

Un basculement confirmé par les chiffres de réservation

La part des réservations françaises concentrées sur le mois de septembre est passée de 20 % en 2025 à 22 % en 2026, selon les données sectorielles publiées ces derniers jours. Ce glissement s’explique par plusieurs facteurs cumulés : une fréquentation moins dense sur les sites touristiques, des températures plus clémentes après les pics de chaleur estivaux, et un rythme de séjour jugé plus qualitatif une fois la rentrée scolaire passée.

L’Île-de-France, vitrine du phénomène

La région capitale illustre bien cette dynamique. De juin à août 2026, l’Île-de-France a accueilli 13,3 millions de visiteurs, contre 12,7 millions un an plus tôt, avec une répartition quasi équilibrée entre 7 millions de touristes étrangers et 6,3 millions de touristes français, chacun en hausse de 3 %. Fait notable : les dépenses touristiques ont grimpé à 7 milliards d’euros, en progression de 6 %, soit un rythme deux fois plus rapide que celui de la fréquentation. Les visiteurs dépensent donc davantage par séjour, notamment dans l’hébergement, la restauration et les activités culturelles. Cette progression profite aussi aux territoires mieux connectés : les nouvelles liaisons aériennes directes vers les États-Unis ouvertes depuis Toulouse et Marseille illustrent cette recherche de nouveaux bassins de clientèle internationale.

La tentation des destinations secondaires

Autre tendance de fond : 84 % des voyageurs interrogés déclarent désormais privilégier des destinations dites « secondaires », moins fréquentées, moins chères et jugées plus authentiques que les capitales et sites emblématiques saturés. Cette recherche de fraîcheur et de calme, parfois qualifiée de « coolcation », pousse une partie des vacanciers à délaisser les destinations les plus chaudes au profit de régions plus tempérées. Elle rejoint une aspiration plus large à voyager de façon plus responsable, en dehors des pics de fréquentation classiques.

Ce que ça change pour les professionnels et les voyageurs

  • Pour les hébergeurs, la pression sur les meublés de tourisme s’étale désormais sur une période plus longue, avec un mois de septembre presque aussi actif que la haute saison ;
  • Pour les professionnels du secteur, cela implique d’adapter les grilles tarifaires et les campagnes de promotion pour valoriser cette « queue de saison » plutôt que de la considérer comme secondaire ;
  • Pour les voyageurs, c’est l’occasion de profiter de tarifs souvent plus avantageux et de sites moins fréquentés, tout en bénéficiant d’une météo encore clémente.

Une idée reçue à corriger

On continue souvent à penser que juillet et août restent les seuls mois réellement rentables pour le tourisme français, le reste de l’année ne faisant que compléter le chiffre d’affaires. Les chiffres de cette rentrée montrent l’inverse : la « queue de saison » pèse désormais un poids économique comparable à certaines semaines de plein été, et les professionnels qui l’ignorent laissent une partie de la valeur sur la table.

Questions fréquentes

Pourquoi septembre attire-t-il de plus en plus de voyageurs ?

Parce que la fréquentation y est moins dense, les températures plus clémentes qu’en plein été, et les tarifs souvent plus avantageux une fois la rentrée scolaire passée.

Qu’est-ce que la « coolcation » ?

C’est la tendance qui consiste à privilégier des destinations plus fraîches et moins fréquentées plutôt que les destinations chaudes et saturées, en réponse aux épisodes de canicule estivaux.

Cette tendance profite-t-elle à toute la France ?

Les grandes régions touristiques comme l’Île-de-France en profitent nettement, mais la tendance touche aussi les destinations secondaires et mieux connectées, portées notamment par de nouvelles liaisons aériennes.

Sources

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