Le logement neuf traverse en France l’un des passages les plus difficiles de son histoire récente. Selon la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI), le deuxième trimestre 2026 a été le pire trimestre jamais enregistré pour la commercialisation de programmes neufs, avec seulement 19 356 logements réservés, en chute de 23,6 % sur un an. Sur l’ensemble du premier semestre, moins de 40 000 ventes ont été signées au niveau national, un score désormais inférieur à celui observé pendant la crise sanitaire de 2020.
Un semestre sous le niveau de la crise du Covid
Les chiffres publiés début septembre par plusieurs acteurs du secteur convergent : la commercialisation de logements neufs recule sur tous les segments. Les ventes en bloc, réalisées auprès de bailleurs sociaux ou d’investisseurs institutionnels, se sont effondrées de 40,8 % sur un an au deuxième trimestre, avec seulement 5 162 opérations recensées. Du côté des particuliers, la remontée des taux de crédit immobilier, combinée à des coûts de construction qui restent élevés, continue de freiner les décisions d’achat.
Le dispositif Jeanbrun loin de ses objectifs
Entré en vigueur fin février 2026, le dispositif porté par le ministre du Logement Vincent Jeanbrun devait pourtant inverser la tendance en réactivant l’investissement locatif dans le neuf. L’objectif affiché était d’atteindre environ 4 000 ventes par mois grâce à ce nouveau mécanisme fiscal. Six mois plus tard, plusieurs représentants de promoteurs constatent que le dispositif Jeanbrun ne génère qu’entre 150 et 200 ventes mensuelles, très loin du rythme espéré. Certains professionnels du secteur pointent un contexte international tendu qui aurait gelé les décisions d’achat au moment même du lancement du mécanisme, tandis que d’autres estiment que le dispositif resterait, en l’état, trop complexe ou trop peu incitatif pour convaincre nombre d’investisseurs particuliers.
Des mises en chantier en trompe-l’œil
Paradoxalement, les statistiques de la construction affichent un rebond en apparence positif : les mises en chantier progressent de 17,3 % sur un an à fin juin, avec 296 600 logements cumulés sur douze mois. Mais cette embellie masque un ralentissement plus profond en amont, puisque les permis de construire reculent : seulement 30 906 permis ont été délivrés en juin, en baisse de 4,8 % sur un mois et de 11,8 % sur un an. Une contraction des autorisations qui laisse présager un tarissement progressif des chantiers dans les prochains trimestres, une fois le stock actuel de programmes déjà autorisés épuisé.
Cette situation touche l’ensemble du secteur de la construction neuve, du promoteur parisien au constructeur de maisons individuelles en région. Plusieurs fédérations professionnelles alertent désormais sur les conséquences en matière d’activité, alors que de nombreux postes dans le bâtiment dépendent directement du niveau des chantiers en cours.
Un marché sous tension réglementaire
À ces difficultés conjoncturelles s’ajoute un empilement de contraintes réglementaires qui pèse sur les arbitrages des ménages et des investisseurs. Les nouvelles obligations liées au diagnostic de performance énergétique renchérissent le coût de certains programmes, tandis que le durcissement des règles applicables aux meublés de tourisme a modifié les stratégies de nombreux particuliers, qui se tournent parfois vers d’autres classes d’actifs plutôt que vers le neuf. Sur le plan fiscal, le sujet de la taxe d’aménagement illustre aussi combien la charge liée à tout projet de construction reste scrutée de près par les ménages. Plus largement, la conjoncture économique ne facilite pas un retour rapide de la confiance.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le dispositif Jeanbrun ?
Il s’agit d’un mécanisme fiscal destiné à relancer l’investissement locatif dans le logement neuf, entré en vigueur fin février 2026. Il visait initialement environ 4 000 ventes par mois, un objectif très loin d’être atteint six mois après son lancement.
Pourquoi les ventes de logements neufs restent-elles si basses ?
Plusieurs facteurs se cumulent : des taux de crédit qui demeurent élevés, des coûts de construction toujours soutenus, un contexte économique incertain et un dispositif de soutien fiscal jugé pour l’instant insuffisant pour déclencher un nouveau cycle d’achats.
La reprise des mises en chantier est-elle un signe de sortie de crise ?
Pas nécessairement. La hausse des mises en chantier reflète surtout des programmes autorisés plusieurs mois auparavant. Le recul parallèle des permis de construire laisse craindre un ralentissement des chantiers dans les trimestres à venir si les ventes ne repartent pas durablement.
Sources
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale