Chaque jour, des millions de Français lèvent leur tasse sans même y penser. Pourtant, derrière ce geste banal, une petite révolution est en marche : le café de spécialité gagne du terrain face au café industriel classique, porté par une exigence de qualité qui redessine peu à peu les habitudes de consommation dans tout le pays.
Selon une enquête Créatest réalisée pour De’Longhi auprès d’un millier de Français et publiée en mai 2026, 62 % des Français boivent au moins deux cafés par jour, un chiffre qui confirme le statut de rituel incontournable de la boisson. L’espresso reste le format préféré, cité par 55 % des sondés, loin devant les autres préparations.
Un rituel national aux visages multiples
L’étude révèle surtout de fortes disparités régionales, preuve que le café reste autant une affaire de culture locale que de goût personnel :
- En Bretagne, 36 % des habitants dépassent les trois cafés quotidiens, un record national ;
- Dans le Sud-Est, 72 % choisissent l’espresso comme boisson de référence ;
- Dans le Nord, près d’un tiers des consommateurs préfèrent le café filtre ;
- Dans le Sud-Ouest, le cappuccino séduit 31 % des amateurs, au-dessus de la moyenne nationale ;
- En Île-de-France, les boissons à base de lait concernent 15 % des consommateurs, contre 8 % au niveau national.
Autre enseignement de l’enquête : la qualité en tasse arrive en tête des critères de choix d’une machine, citée par 45 % des répondants, devant la simplicité d’usage (24 %). Ce souci de qualité rejoint une tendance plus large de l’équipement domestique, à l’image de l’essor de l’air fryer dans les cuisines françaises, où la recherche de praticité sans sacrifier le résultat s’impose peu à peu comme un nouveau standard.
Le café de spécialité, moteur de la premiumisation
Si le café reste un marché mature, évalué entre 3 et 3,6 milliards d’euros en France avec une consommation stable autour de 5,4 kg par habitant, un segment progresse nettement plus vite que le reste : le café de spécialité. Ce segment, qui désigne des grains sélectionnés pour leurs qualités aromatiques et une traçabilité poussée jusqu’à la parcelle, serait passé de 5 % à 15-20 % du marché total en seulement cinq ans, selon plusieurs analyses professionnelles du secteur.
Porté par des dizaines de torréfacteurs artisanaux qui importent directement de petits lots auprès des producteurs, ce segment pèse peu en volume mais influence largement les habitudes de consommation, jusque dans les rayons des grandes enseignes. « L’influence des cafés de spécialité est réelle », souligne une analyse du secteur relayée par LSA, qui pointe une dynamique portée par la montée en gamme des grains plutôt que par les volumes.
Cette quête de qualité fait écho à un mouvement plus large observé dans les habitudes alimentaires : comme le montre l’écart entre les bonnes intentions alimentaires des Français et leur assiette, la conscience du « bien manger » progresse plus vite que les actes d’achat au quotidien — un phénomène que l’on retrouve, à plus petite échelle, dans la tasse du matin.
Simplifier sans renoncer à la qualité
« Les consommateurs veulent aujourd’hui un café d’excellente qualité mais sans complexité », résume Xavier Caro, directeur marketing chez De’Longhi, dans les colonnes de l’enquête Créatest. Cette formule illustre bien l’esprit du moment : plutôt que de multiplier les étapes façon rituel du barista, une majorité de Français cherche un compromis entre exigence gustative et gestes simples du quotidien.
Ce besoin de simplicité sans compromis sur le fond se retrouve dans bien d’autres pans de la vie domestique, qu’il s’agisse d’alléger les gestes du quotidien à la maison ou de repenser l’agencement d’un lieu de vie. Une tendance qui n’est pas sans rappeler celle des petits appartements repensés pour l’essentiel, où faire mieux avec moins devient un art de vivre à part entière.
Pour aller plus loin sur les tendances de consommation et les nouveaux rituels du quotidien, la rubrique Art de Vivre – Lifestyle du site propose d’autres décryptages, tout comme les catégories Food – Gastronomie et Conso – Shopping.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le café de spécialité ?
Le café de spécialité désigne des grains sélectionnés pour leurs qualités aromatiques exceptionnelles, généralement notés au-delà d’un certain seuil par des dégustateurs professionnels. Il implique une traçabilité poussée, souvent jusqu’à la parcelle de culture, et une torréfaction artisanale réalisée en petits lots.
Combien de cafés les Français boivent-ils en moyenne par jour ?
Selon l’enquête Créatest pour De’Longhi publiée en 2026, 62 % des Français consomment au moins deux cafés quotidiennement, avec des variations régionales marquées, la Bretagne enregistrant la plus forte proportion de gros consommateurs.
Le café de spécialité coûte-t-il forcément plus cher ?
Oui, en règle générale : sa sélection rigoureuse et sa traçabilité renchérissent le prix du grain par rapport à un café industriel standard. Cette montée en gamme explique en grande partie la premiumisation observée sur le marché du café en France.
Sources
- Le Monde de l’Épicerie Fine — Les multiples visages de la France du café
- LSA / TCMA Conseil — L’influence des cafés de spécialité est réelle
- Places du Café — Beantropy 2026 : la filière du café de spécialité à un tournant
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