Et si un simple sticker collé sur la poitrine pouvait un jour remplacer le pacemaker implanté chirurgicalement ? Des ingénieurs du MIT viennent de présenter, dans la revue Nature Biomedical Engineering, un dispositif capable de réguler le rythme cardiaque sans aucune opération ni implant. Une piste sérieuse, encore au stade de la recherche, mais qui pourrait changer la prise en charge des troubles du rythme cardiaque dans les années à venir.
Un patch à ultrasons plutôt qu’un boîtier sous la peau
Les pacemakers classiques nécessitent une intervention chirurgicale pour implanter un boîtier et des électrodes reliées directement au muscle cardiaque, avec les risques associés : infection, rejet, remplacement de la batterie tous les cinq à dix ans. Le dispositif mis au point par l’équipe du MIT prend une forme radicalement différente : une fine pastille adhésive posée sur la peau, équipée de minuscules transducteurs qui envoient des impulsions à ultrasons à travers la cage thoracique pour stimuler le cœur, sans aucun contact direct ni geste invasif.
La « sonogénétique », une technologie encore expérimentale
Le procédé repose sur la sonogénétique : des cellules cardiaques génétiquement modifiées pour réagir aux ondes sonores. Au contact des ultrasons émis par le patch, certains canaux ioniques de ces cellules s’ouvrent, laissant entrer du calcium qui déclenche la contraction du muscle cardiaque, exactement comme le ferait une impulsion électrique classique. Le système intègre également une fonction d’imagerie couplée à de l’intelligence artificielle, capable d’observer en continu l’activité du cœur et d’ajuster automatiquement la stimulation en fonction du rythme détecté.
- Publication dans Nature Biomedical Engineering le 2 juin 2026.
- Dispositif porté à l’extérieur du corps, sans chirurgie ni électrodes implantées.
- Boucle fermée : le patch surveille le cœur et adapte sa réponse en temps réel.
- Objectif à terme : un seul patch capable à la fois de surveiller et de réguler le cœur.
Encore loin d’une utilisation chez les patients
Il s’agit pour l’instant d’une preuve de concept, validée en conditions expérimentales, et non d’un traitement disponible pour les patients. L’équipe du MIT espère combiner cette approche avec ses travaux précédents sur l’imagerie médicale par patch adhésif afin d’aboutir, à terme, à un seul dispositif capable de suivre et de corriger le rythme cardiaque en continu. Plusieurs équipes dans le monde, dont une équipe américaine distincte travaillant elle aussi sur des pacemakers à ultrasons, explorent des pistes similaires, signe que cette approche non invasive suscite un intérêt croissant dans la recherche cardiovasculaire.
Cette avancée s’inscrit dans une tendance plus large de la recherche en high-tech : miniaturiser et rendre non invasifs des dispositifs médicaux autrefois lourds à poser. Elle illustre aussi combien les frontières entre santé et médecine et innovation technologique s’estompent, un sujet que nous suivons régulièrement dans notre rubrique Science et Technologie.
Questions fréquentes
Ce patch à ultrasons est-il déjà utilisable par des patients cardiaques ?
Non, il s’agit à ce stade d’une preuve de concept publiée dans une revue scientifique. Des essais supplémentaires seront nécessaires avant d’envisager une utilisation clinique chez l’humain.
En quoi ce dispositif diffère-t-il d’un pacemaker classique ?
Le pacemaker classique est implanté chirurgicalement sous la peau avec des électrodes reliées au cœur, tandis que ce patch se colle simplement sur la poitrine et stimule le cœur à distance par ultrasons, sans aucune intervention.
Qu’est-ce que la sonogénétique utilisée par ce dispositif ?
C’est une technique qui rend des cellules sensibles aux ondes sonores grâce à une modification génétique ciblée, permettant de les activer à distance avec des impulsions à ultrasons plutôt qu’avec un courant électrique.